FLUIDE Programme

Le programme du projet FLUIDE

Paris, Lyon, Lille et Strasbourg disposent chacune d'un ou plusieurs ports fluviaux situés au cœur de leur aire urbaine. Ces derniers peuvent-ils être au service d'une mobilité durable pour approvisionner en marchandises leur aire urbaine, depuis les grands flux internationaux jusqu'à la distribution en ville ? La route est le mode dominant en France et en Europe pour le transport des marchandises aussi bien sur la longue distance que sur la courte distance, en particulier pour la distribution en ville. Le transport fluvial ne joue qu'un rôle marginal. Pour autant, faut-il considérer que ce mode n'a pas d'avenir ?

L'approvisionnement de ces métropoles dépend de flux nationaux et internationaux qui pour ces derniers passent par les ports maritimes. Les quatre villes fluviales étudiées sont chacune connectées via leur port à de très grands ports maritimes (Le Havre, Marseille, Dunkerque, Anvers et Rotterdam) tout en étant insérées dans de vastes aires urbaines. Cela pose le problème de la répartition des activités logistiques dans l'aire urbaine et du rôle et de la place possibles des ports fluviaux dans cette organisation logistique urbaine. Le transport routier et la contrainte foncière sont les deux moteurs principaux de l'étalement logistique urbain. Face à cela, les ports fluviaux de ces grandes villes disposent-ils du potentiel nécessaire pour concentrer, organiser et articuler des flux de marchandises internationaux, nationaux et locaux ? Il faut distinguer la gestion des flux internationaux et nationaux de la gestion des flux concernant l'aire urbaine et s'interroger sur la capacité à réaliser une interface viable entre les deux.

La question qui sous-tend notre problématique est la suivante : les ports fluviaux peuvent-ils participer à leur mesure au développement d'un système soutenable du transport des marchandises, notamment en favorisant le report modal vers la voie fluviale, tout en s'insérant harmonieusement dans de très grandes aires urbaines ?

Pour mener notre recherche, nous prenons appui sur une activité économique précise qui est déterminante pour le bon fonctionnement des villes : le transport des marchandises à travers l'exemple particulier du transport fluvial. Mais ce point d'ancrage n'est qu'un prétexte car à travers ce secteur économique, c'est bien le fonctionnement des activités logistiques de la ville à différentes échelles que nous souhaitons mettre en évidence. Ces activités logistiques ne constituent elles-mêmes qu'une fraction de la « vie urbaine » qui se répercute dans son ensemble sur ces activités logistiques. Notre démarche sur la ville est systémique et multiscalaire. En nous attachant à un secteur précis mais peu étudié, nous espérons aussi apporter des solutions concrètes à l'idée de la ville durable.

L'état des connaissances sur le transport fluvial en tant que tel est limité voire nul. En effet, le transport des marchandises intéresse peu la communauté scientifique et a fortiori le transport fluvial, mode mineur et qui ne semble pas promis à un grand avenir (Bavoux et al, 2005).

Par contre, le contexte dans lequel se situe ce projet est celui de la domination du mode routier qui va de pair avec un phénomène de « périurbanisation logistique » alors que les attentes environnementales de la part de la société sont de plus en plus fortes (Berque et al, 2006). Le principal enjeu scientifique du projet consiste donc à évaluer, en dehors des objectifs politiques affichés notamment pendant le Grenelle de l'environnement, s'il existe une pertinence des modes de transport combiné, ici à travers l'exemple du fluvial, pour la desserte multi échelle des aires métropolitaines.