Tâche 6: Concentration ou multiplication des plateformes fluviales?

Responsable Marie Douet

Objectifs

Le regain d'activité du transport fluvial tout comme la volonté de le promouvoir incite les pouvoirs publics, de l'Etat à la commune, à envisager la création de nouvelles plates-formes logistiques en lien direct avec la voie d'eau. Par exemple, sur la Seine et l'Oise, on dénombre actuellement cinq projets de plates-formes multimodales ayant vocation à accueillir les conteneurs: Limay, Bruyères sur Oise, et, à plus long terme, Achères, Saint Ouen l'Aumône et Longueil Sainte Marie. On pourrait dire plus simplement qu'il existe actuellement une pression et peut-être une opportunité réelle pour créer de nouveaux ports fluviaux.

La contradiction est évidente entre d'un côté un transport fluvial dont la rentabilité repose sur la massification et la concentration des trafics, de l'autre une distribution spatiale et temporelle la plus fine possible pour être au plus près des attentes du marché, à l'instar du transport routier. Faut-il multiplier les terminaux fluviaux ou au contraire favoriser la concentration sur quelques sites très bien localisés ? Le développement local peut inciter à la multiplication des investissements, ce qui, au niveau national, peut nuire à la cohérence.

La localisation de nouveaux terminaux fluviaux dans la périphérie des aires urbaines, y compris les périphéries très lointaines, suivant en cela la tendance lourde de l'étalement logistique urbain, est-elle une idée pertinente ? A quelles configurations de réseau le schéma « hub and spoke » convient-il particulièrement ? Quelles complémentarités peuvent apparaître entre équipements urbains et équipements péri-urbains ? Comment appréhender la taille optimale minimale d'un port en fonction de sa situation dans la hiérarchie portuaire?

Programme des travaux

Les ports rhénans, qui entretiennent depuis des décennies des liens étroits avec l'activité de très grands ports maritimes tels Rotterdam et Anvers, constituent pour notre sujet un terrain d'observation et de réflexion privilégié: par exemple, Duisbourg, Düsseldorf, Wörth, Cologne, Bâle, ... En s'appuyant sur les expériences rhénanes, élaboration de schémas théoriques de localisation des plates-formes dans l'aire urbaine en fonction des trafics et des configurations spatiales, notamment en fonction de la localisation des cours d'eau dans l'aire urbaine. Confrontation de ces schémas à la réalité propre des quatre aires urbaines. Des exemples belges pourront compléter l'analyse.

Méthode et choix techniques

Pour répondre aux objectifs définis, deux approches sont envisagées : le lien avec l'organisation des chaînes de transport et l'hinterland potentiel de ces nouveaux terminaux. Dans le premier cas, il faut évaluer pour le transport fluvial la pertinence de schémas hub and spoke avec des transbordements barge-barge par rapport à des services multi-stops, tout en prenant en compte les pré et post acheminements routiers. Dans le second cas, on pourrait tenter de montrer le lien entre l'existence d'un nouveau terminal fluvial, le potentiel de trafic dans l'hinterland et les trafics générés par l'apparition d'une nouvelle offre de transport.

Cette question ne se pose pas de la même façon d'une aire urbaine à l'autre en fonction de la place du fleuve dans cette dernière. Dans l'agglomération parisienne, la Seine traverse l'agglomération et la perspective du canal Seine Nord élargit l'hinterland fluvial de l'aire urbaine. A Lille et Strasbourg, les cours d'eau sont à la périphérie des aires urbaines. A Lyon le site portuaire est menacé de saturation. Pour ces aspects de liens entre fleuve et sites urbains, l'étude s'appuiera sur les réflexions menées dans le cadre de la tâche 6 et de la tâche 11.

Une cartographie, établie sur système d'information géographique, permettra de décrire les choix proposés. Elle sera comparative pour les quatre aires urbaines.

Risques et solutions de repli

Un risque possible est d'aboutir à des choix d'implantation de plates-formes sans possibilité effective de réalisation de ces dernières.